Le deuxième souvenir est un appareil, le premier appareil sérieux que j'aie eu. C'était un reflex, un des premiers reflex… Et il était français - eh oui, il y a eu des reflex français. Et j'en étais très fier. Seulement il y avait un hic. Son déclencheur ressemblait à un champignon à tête plate qui s'enfonçait dans le corps de l'appareil avec un débattement d'au moins un centimètre et demi. Lorsque j'appuyais dessus, j'avais l'impression de devoir soulever une masse pesante. Et puis, le bruit du mouvement du miroir me faisait à chaque fois sursauter - malgré l'habitude - et provoquait l'envol apeuré des oiseaux alentour. Mais au moins cet appareil faisait-il des photos…Enfin…quand le miroir voulait bien redescendre. Car il se coinçait le bougre et refusait obstinément le moindre geste de conciliation ! Et il me fallait toucher un peu partout, les boutons, la molette des vitesses, le levier d'armement, jusqu'à ce qu'enfin, le caprice cesse et que l'appareil soit à nouveau opérationnel.